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Vichy Saccharine
A partir de juillet 40, à Germigny, petit village berrichon coupé en deux par la ligne de démarcation, il faudra du temps, pour que les esprits se remettent du traumatisme de la défaite.
D’un côté, les adultes, dont la plupart retrouveront progressivement la faculté de critiquer, de refuser l’ordre vichyssois aussi bien que les contraintes allemandes, et certains le courage d’y résister.
De l’autre, les enfants, sages élèves de l’école publique, inscrits le jeudi aux « Cœurs Vaillants », dont les plus hardis sauront se dégager des idées -heureusement plus rabâchées qu’enseignées - de la Révolution Nationale et rêveront d’Héroïsme, de Résistance, de Libération en s’appropriant les mythes naissants avec une jubilation gloutonne.
Ce qui ne les empêchera pas d’observer avec perspicacité ce qui se passe autour d’eux, notamment les évènements qui aboutiront à la libération de leur village.