Les individus réagissent aux circonstances selon une alchimie incertaine. L’abattement, l’anéantissement des consciences qui ont saisi la grande majorité des Français après la débâcle de juin 1940 n’ont eu aucune prise sur Edouard, interne au Lycée Alain-Fournier de Bourges, potache de terminale facétieux, dilettante et plutôt noceur, où il avait gagné le surnom de Main Douce .
 Lui, que l’on aurait pu croire pour le moins indifférent, se métamorphose brusquement. Alors que bien d’autres acceptent de rentrer les épaules, d’attendre, voire même de se coucher, Edouard déploie son grand corps et choisit de se lever, de refuser la défaite.
Il le fera naturellement en suivant les exemples de son entourage de Teilhac : celui de sa mère, institutrice, de ses amis garagistes, du Président retiré dans ce village de Haute-Corrèze. Il reprendra spontanément à son compte les principes de leur républicanisme et antifascisme intransigeants.
Avec ses indéfectibles copains d’enfance, il se lancera dans la récupération des armes comme on se lance dans un grand jeu scout, puis il créera avec eux un groupe clandestin et acceptera de participer à des opérations plus sérieuses. A la demande du Président, il entrera en contact avec les milieux de l’armée hostiles à la soumission aux Nazis, accompagnera ce dernier à Londres, y suivra brillamment un stage du BCRA, sera parachuté en France pour accomplir la mission Jupiter, participera à la guérilla dans le Cher-Sud, et secondera le préfet de la Libération à Bourges.
 
La fiction ne trouve ici sa justification qu’en intégrant dans sa trame des faits précis survenus en Haute-Corrèze et dans le Cher-Sud. Pour l’auteur, il s’est agi, dans ce roman, selon la célèbre formule, de « mentir vrai », de donner une représentation aussi fidèle que possible d’un des nombreux aspects de la Résistance.
 
Sur la même période, l’auteur a déjà publié  « Vichy Saccharine » et est un des co-auteurs de l’ouvrage « La Résistance dans le Cher ».
 Sur une période postérieure : «  Le Café de l ‘Union , chronique des années 50 »