? La " Montagne" du 20/12/09
Mettre l'histoire à portée du plus grand nombre
Pour ce roman- "La Paix fugitive"-, en août 1945, Edouard
Lamy, le haut fonctionnaire protégé du" Président" est envoyé
par les services secrets, la direction des études et des
recherches( DER) en mission spéciale à Hanoi.
Gérard Boursier signe un livre construit comme un roman à
suspense, qui décrit à la fois l'aspiration des peuples
colonisés à l'émancipation et l'inertie de la Quatrième
République. Un sujet passionnant...
Chronique du 13/02/09 signée par l'auteur et
publiée dans « Le Monde.fr »
Des romans au service de l'histoire?
J'ai fait partie d'un collectif de travail qui s'était donné
pour objectif de publier un ouvrage de référence su la
Résistance dans le Cher.
Pendant plus de trois ans, patience, ascèse, souci
quasi-obsessionnel de précision dans la conduite du récit, les
formules et les mots, traque de la subjectivité, qui
n'excluaient pas cependant l'originalité du style.
Que de matériaux accumulés pendant cette longue période de
rigueur et d'astreinte!
Après quoi, jouissance de pouvoir les réutiliser, les
organiser comme cadre authentique d'un roman ( Main Douce)dans
lequel seraient insérés des personnages, des paroles, des
pensées, voire des actions inventées. Par un effet de
brassage, en retour, rendre les faits historiques moins
austères, plus attractifs et accessibles à un large public.
Le romancier peut faire oeuvre utile en se dégageant du corset
disciplinaire des historiens.Tout en sachant bien qu'il y a
un " art de l'historien" qui ordonne, qui subordonne, agrandit
tel détail, chez qui l'émotion est sensible et même
directrice" ( Pierre Pachet "le Monde" du 08/02/10), l'auteur
de romans historiques peut aller plus loin: injecter de la vie
quotidienne, des émotions, de la subjectivité dans son oeuvre.
A une condition, toutefois: l'écrivain, s'il peut ainsi "
faire résonner des voix que l'histoire n'a pas entendues,
reste comptable de l'usage qu'il fait du passé" En aucun cas
il ne doit altérer l'ensemble des faits historiques dont il
s'est servi comme cadre de son roman.
En somme, la célèbre formule d'Aragon " mentir vrai" s'impose
dan ce genre de création littéraire.
Un compte-rendu de mon dernier roman," La Paix fugitive"-
Indochine aout 1945- décembre 1946, paru dans le journal " La
Montagne" du 20/12/09 m'a conforté dans ma façon de faire:
"Gérard Boursier signe un livre construit comme un roman à
suspense, qui décrit à la fois l'aspiration des peuples
colonisés à l'émancipation et l'inertie de la quatrième
République."
C'est exactement ce que j'ai voulu faire. L'histoire d'un
personnage fictif porte l'histoire précise d'une paix manquée
en Indochine au printemps 1946